Pourquoi c’est si compliqué d’agir pour le climat ?

Aujourd’hui, on a tous pris conscience du changement climatique aujourd’hui et, intellectuellement, la plupart d’entre nous sont prêts à faire quelque chose. Pourtant, l’action individuelle citoyenne a du mal à avancer progresse à cause de certaines barrières psychologiques. Les scientifiques ont notamment identifié 5 freins à l’action citoyenne pour l’environnement.

Qui ne s’est jamais dit “Ça ne sert à rien que je fasse quelque chose si les autres autour de moi ne font rien.” ?
Le but est de comprendre les différents biais que le cerveau humain met en place, empêchant la prise de conscience ou la mise en place d’actions et de comportements pour enrayer le changement climatique. Identifier les barrières psychologiques permettrait de pouvoir les dépasser.

Cinq barrières

Ces différents freins à l’action citoyenne pour l’environnement ne sont pas une fatalité, et le professeur Brosch accompagne ses explications de recommandations pour les dépasser.

La première des barrières est perceptuelle car notre cerveau a du mal à percevoir une menace “abstraite”. En effet, le changement climatique n’est pas immédiat, il dure dans le temps, il ne peut pas être directement vu ou touché. Pour accepter cette réalité, il est important de se pencher sur les phénomènes locaux et immédiats, et par exemple, imaginer les conséquences du changement climatique à Genève même, d’ici quelques années.

La seconde barrière concerne les intérêts propres d’un individu. Les actions pour l’environnement sont souvent assimilées à une perte de confort personnel, et nous avons du mal à voir en quoi ces changement de comportement peuvent nous être bénéfiques. Pour cela, il faut identifier les bénéfices de ces changements sur soi-même et les autres, par exemple insister sur les bénéfices du vélo sur la santé, la voiture électrique témoignerait elle d’un certain statut social, et ainsi de suite.

Le troisième frein est la barrière morale. Pour l’homme, savoir que son comportement est moralement bon est important, or pour le moment agir pour le climat n’est pas suffisamment ancré dans les esprits comme un devoir pour être une bonne personne. Ces freins atteignent également souvent des personnes faisant partie de groupe religieux ou de mouvements politiques.

Les barrières sociales aussi sont importantes, car il est difficile d’agir lorsque les autres autour de nous ne font rien pour protéger l’environnement. Il faut communiquer au maximum pour montrer que de nombreuses personnes agissent pour le climat, avec comme levier les différentes manifestations et les personnes influentes comme Greta Thunberg.

Enfin, il y a les barrières d’action qui sont sans doute les plus importantes. L’ampleur colossale de la tache effraie et empêche l’action. S’il est difficile de savoir quelle action entreprendre lorsque le problème est trop important, il est utile d’identifier les bons gestes, par exemple réduire les trajets en avion, ou encore diminuer sa consommation de viande.

Toutes ces barrières à l’action citoyenne pour le climat semble être un frein important, mais elles ne sont pas insurmontables. Les connaitre et les dépasser l’une après l’autre permettrait d’accélérer les bénéfices pour notre planète et notre environnement.

La recherche sur le climat a longtemps été associée aux sciences naturelles. Or le changement climatique est provoqué par l’activité humaine de nos sociétés, et ses impacts vont se faire sentir non seulement sur le monde naturel, la biodiversité, etc., mais aussi sur nos activités. La manière de s’y préparer, c’est de la science sociale.
En matière d’atténuation du changement climatique, il s’agit de comprendre les freins, les principaux obstacles aux changements de pratiques des populations.

Quels sont ces freins ?

Sur la diminution des gaz à effet de serre, il n’y a quasiment plus de freins en termes de connaissance. On est globalement conscient du changement climatique, et on connaît les solutions pour l’atténuer : réduire nos consommations d’énergie, augmenter la part des énergies renouvelables… Cela passe par un report modal, la rénovation des bâtiments, une alimentation moins carnée, etc. En revanche, le passage à l’acte se heurte à nos habitudes, à nos préférences, mais également à nos contraintes (travail, logement, enfants…).

La plupart des gens sont volontaires pour faire quelque chose pour le climat, mais il ne faut pas que ça leur coûte trop en termes d’efforts. La question est : comment la notion très générale du réchauffement climatique vient se confronter à nos préoccupations de tous les jours, travail, sorties, achat d’une maison, salaire… C’est de la sociologie pratique.

Pour lever ces obstacles, il faut à la fois continuer à parler du changement climatique… et ne pas trop en parler ! Plus sérieusement, il faut en parler pour sensibiliser, pour mieux faire comprendre les contraintes. Par exemple le lien entre alimentation, agriculture locale et changement climatique n’est pas encore bien compris.

Mais parler du changement climatique pour induire des changements de comportements ne marche pas car ça reste trop lointain. Il vaut mieux expliquer les liens avec la santé, le bien-manger, le confort, la nouveauté, le plaisir du défi.

Contrairement à l’atténuation du changement climatique, qui vise notamment à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Mais l’adaptation au changement climatique n’est pas encore toujours bien comprise. En effet, le degré de vulnérabilité des territoires, et leur capacité d’adaptation et de résilience sont très différents de l’un à l’autre, et dépendent de facteurs croisés, plus sociétaux que naturels. « Ce qui va se passer dans une région montagneuse ou une ville côtière diffère de ce qui va advenir dans une grande métropole comme Lyon ou Paris.

Il n’y a pas de méthode éprouvée pour se préparer pour l’avenir, on en est encore au stade de l’expérimentation. Il faut avoir une approche par secteurs économiques (agriculture, tourisme, activités de loisir…), car les problématiques ne sont pas les mêmes (gestion de la ressource en eau, manque de neige…). Se préparer aux impacts à venir, en étant innovant dans la réorganisation de tel ou tel secteur, va permettre de moins ressentir les effets de ces impacts, voire de les réduire, ou même de les transformer en opportunités, en créant de l’emploi par exemple. »

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *