5 forces indispensables pour être heureux

En menant une étude sur plusieurs milliers de personnes, des chercheurs de l’University College de Londres ont mis en évidence des balises pour nous guider : on devient heureux en développant cinq grandes qualités humaines…

1. La détermination

La détermination n’est ni une obsession, ni un entêtement forcené. Il s’agit plutôt d’un cap à tenir malgré les obstacles que vous pouvez rencontrer. C’est un engagement résolu et durable pour les idées et les valeurs auxquelles vous tenez. Cela donne du sens et de la cohérence à votre existence. En un mot, une raison d’être et d’agir comme vous le faîtes. Avec de la détermination, ce sera plus facile de tracer votre route.

Pour développer et entretenir votre détermination, vous devez avant tout rester fidèle à vos valeurs, donc à vous-même. Mettez-les en œuvre au quotidien à chaque fois que vous en avez l’opportunité. Quand vous l’ancrez dans vos actions quotidiennes, votre détermination ne s’use pas. Au contraire, elle s’entretient…

2. La maîtrise de soi

Il est ici question de maîtrise de soi, de la capacité d’accepter d’en passer par des moments de frustration et de contrariété, de l’aptitude à ne pas se laisser séduire par n’importe quelle sollicitation nous vantant une jouissance immédiate” avance Saverio Tomasella, psychanalyste (2). “Il s’agit en fait d’adopter une attitude stoïcienne valorisant le contentement : savoir aimer ce que l’on a, à défaut d’avoir tout ce que l’on aime ; savourer le stade où l’on se trouve, sans aspirer immédiatement à plus” avance Nicole Prieur. En nous comportant ainsi, nous nous protégeons du tumulte de nos désirs, de cette confusion dans laquelle nous plongent nos appétences sans fin.

Comment le développer ? Pour gagner en contrôle de soi, on peut commencer par une modeste promesse que l’on se fait à soi-même, dans un domaine où nous avons tendance à ne pas réussir à nous brider. Nous éprouverons alors une réelle gratification : une fierté pour nous-mêmes, pour cette discipline personnelle dont nous savons faire preuve” suggère Saverio Tomasella.

3. La stabilité émotionnelle

Etre stable émotionnellement ne signifie pas ne ressentir aucune émotion ou seulement des émotions positives ! Cela consiste à accueillir tout ce qui nous traverse – la tristesse comme la joie, la colère comme la sympathie, la haine comme l’amour – sans se laisser déborder ou emporter par le flux, en retrouvant rapidement ensuite son assise” note Nicole Prieur. “A travers les publicités, la télévision ou l’information en continu, notre environnement ne cesse de solliciter nos émotions. A force, cela finit par induire une fatigue et une usure psychiques, peu compatibles avec le bonheur. La stabilité émotionnelle permet d’apaiser ce trop-plein de stimuli émotionnels, de s’en tenir à distance” affirme Saverio Tomasella.

Comment la développer ? Chaque jour, prenons un petit temps pour faire le calme en nous, pacifier nos émotions, retrouver les pensées qui leurs sont associées et qui les déclenchent. “On peut aller marcher un quart d’heure, faire une courte sieste, simplement fermer les yeux, écouter un morceau de musique” propose le psychanalyste.

4. La responsabilité

Faire le bouchon au fil de l’eau… Une expression pleine d’insouciance pour dire le plaisir de se laisser porter par les événements, de s’en remettre au destin. Ce qui au final peut nous conduire n’importe où, sur un chemin pas toujours en adéquation avec ce que nous sommes. “Faire des choix en conscience, même si on se trompe parfois, c’est au contraire reprendre la main, redevenir sujet. C’est surtout faire œuvre de responsabilité vis-à-vis des conséquences de ses décisions. Si je ne me reconnais pas comme celle qui a décidé, si je n’assume pas cette posture, je passe à côté de moi et je ne peux pas être heureuse” prévient Nicole Prieur.

Comment la développer ? En ne se posant pas en victime des événements, en ne se complaisant pas dans une posture passive et infantile, en cessant d’attendre que les autres tiennent le gouvernail pour nous” relève Saverio Tomasella. Et surtout, en osant les bonnes questions ! De quoi ai-je envie pour ma vie ? Comment puis-je l’atteindre ? Quels sont les différents scénarii possibles ? Quelles seront les conséquences pour moi, pour autrui ? En quoi les autres peuvent-ils m’aider ? Car n’oublions jamais que le bonheur sans les autres n’est qu’un leurre…

5. L’optimisme

Cernés par toutes sortes de menaces, réelles ou fantasmées, comment rester optimistes ? “Ce trait de caractère ne consiste pas à croire naïvement que l’avenir sera rose. Mais à se persuader que nous possédons en nous les ressources ou les capacités à aller les chercher à l’extérieur pour s’adapter à toutes les situations, même les plus défavorables” analyse Saverio Tomasella. “C’est une posture, un rapport à la vie fait de confiance dans l’humain. Certes, il est capable de choses sordides mais aussi de choses si belles ! L’optimisme, c’est ce qu’Albert Camus nommait la révolte : se refuser à réduire l’existence à son seul versant négatif, pondérer le mal par la bonté et la beauté” souligne Nicole Prieur. Un état d’esprit qui nous pousse à aller de l’avant, à essayer encore après un échec, à conserver intactes nos forces de rebond.

Comment le développer ? Mettons en récit les événements négatifs du passé et transformons-les par le verbe. Voyons quelles forces ils ont fait émerger en nous, quelles solidarités ils ont tissé autour de nous” propose Nicole Prieur. De quoi aborder l’avenir avec la certitude que le pire n’est jamais certain !

(1) Coauteure avec Bernard Prieur de « La famille, l’argent, l’amour », éd. Albin Michel.
(2) Auteur de « A fleur de peau, Le roman initiatique des hypersensibles », éd. Leduc.

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