Pas besoin de sauver la planète ! Depuis plus de 4,5 milliards d’années, elle s’en sort très bien sans nous. Parlons plutôt de la soulager pour permettre à Sapiens (c’est nous !), un petit jeunot de 300.000 ans, de continuer à y résider dans des conditions acceptables. Le problème, c’est que Sapiens a toujours besoin d’une carotte pour avancer…
Si, comme moi, tu es un(e) Français(e) moyen, tu émets entre 9 et 12 tonnes d’équivalents carbone (CO2e) par an. Je t’encourage d’ailleurs à calculer cela de manière plus fine en utilisant l’excellent outil de . Moi, je suis à 9.7 donc ni vertueux, ni excessif, mais parfaitement représentatif de la consommation énergétique nationale…
Pour soulager la planète (on ne parle pas de la sauver car elle survivra sans nous), on me propose de passer progressivement de 9,7 à 2 °C dans les 10 ou 20 ans qui viennent.
La carotte, c’est quoi ? Permettre à mes enfants et leurs enfants de continuer à habiter une planète à peu près hospitalière, à peu près vivable.
Je dis “à peu près vivable” mais je n’en sais fichtre rien et, de toute façon, à 55 ans, je ne verrai probablement pas les fruits des efforts auxquels je vais consentir ces prochaines années pour réduire mon empreinte carbone.
L’ingénieur et spécialiste de l’énergie Jean-Marc Jancovici l’explique très clairement dans ses nombreuses conférences relayées sur YouTube : « le changement climatique a une telle inertie que les évolutions du climat sont déjà écrites pour les 20 prochaines années. »
Même en arrêtant toute émission de gaz à effet de serre demain matin, la planète continuerait à se réchauffer à grande vitesse pendant les 20 prochaines années ! En d’autres termes, il est déjà trop tard pour agir sur les conséquences du réchauffement climatique des deux décennies qui viennent.
Donc ce que je peux faire, ce n’est pas pour moi, c’est pour mes enfants, tes enfants, nos enfants et finalement l’humanité toute entière. On parle bien de survie de l’espèce même si, aujourd’hui, le terme est conspué.
On parle surtout d’un choix collectif entre une existence plus simple et plus frugale et un monde à la Mad Max, conflictuel et brutal.