La tradition du brin de muguet du 1er mai n’a, au départ, aucun rapport avec l’instauration de la fête du travail qui date de l’après-guerre. Cette petite fleur symbole de renouveau était déjà un porte-bonheur dans la culture celtique. Mais les bienfaits du muguet ne se limitent pas à la bonne fortune, cette plante fragile est aussi utilisée en phytothérapie pour prévenir ou apaiser les troubles cardiaques.
FICHE D’IDENTITÉ
Nom : Muguet, lis de la vallée, clochette des bois, amourette
Famille botanique : Liliacées
Nom scientifique : Convallaria maialis
Parties utilisées : fleurs séchées, feuilles, rhizome
Indications : troubles cardiaques, troubles rénaux, spasmes
Préparation : inhalation (à manier avec beaucoup de précaution)
Une tradition royale
En langage des fleurs, le muguet symbolise le retour du bonheur. Selon la petite (ou la grande) Histoire, la tradition d’offrir du muguet au printemps remonte à Charles IX au 16ᵉ siècle.

En visite dans le Dauphiné avec sa mère Catherine de Médicis, il aurait reçu un brin de muguet en guise de porte-bonheur. Charmé par cette pratique, le roi officialisera cette coutume à partir de 1561 en offrant du muguet à chacune des dames de la cour. La tradition s’est alors étendue à travers tout le royaume de France.
Plante vivace facile à trouver dans les sous-bois, le muguet pousse partout en France, excepté près de la Méditerranée. On le trouve également dans les régions tempérées d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord.
Les larges feuilles de la plante laissent découvrir de nombreuses fleurs accrochées en grappe. Elles ont toutes l’apparence de petites clochettes d’une blancheur éclatante et qui regardent vers le sol.
Un brin de muguet mesure généralement entre 10 et 20 cm. Les fruits du muguet se présentent sous forme de baies rouges qui apparaissent entre juillet et octobre, lorsque les fleurs se fanent.
Les bienfaits du muguet… et ses méfaits
Malgré sa réputation de porte-bonheur, le muguet est aussi un poison car ses clochettes et ses baies rouges contiennent des molécules toxiques, parfois utilisées en médecine. La plante contient en effet une molécule qui stimule les battements du cœur et la respiration (effet cardiotonique).
Elle est indiquée dans la prise en charge des troubles cardiaques (insuffisance cardiaque ou palpitations). Certains traitements médicaux contre l’insuffisance cardiaque ou l’arythmie impliquent des injections de cette fameuse molécule (la convallatoxine) par voie intraveineuse.
En phytothérapie, on utilise les fleurs du muguet, mais aussi ses feuilles et son rhizome. On utilise la plante en inhalation contre les migraines et les maux de tête. On broie des fleurs séchées de muguet et on aspire les effluves de la préparation par le nez pour provoquer des éternuements.
Parmi les autres bienfaits du muguet, la plante possède également des propriétés diurétiques (elle améliore le fonctionnement des reins), antispasmodiques (elle prévient les contractions musculaires involontaires), purgatives, sternutatoires (elle fait éternuer) et émétiques (elle déclenche des vomissements).
À manier avec beaucoup de précautions
Attention car s’il peut être utile sur le plan sanitaire, le muguet a aussi des composantes toxiques. Ce n’est pas une plante à manier avec légèreté parce que les doses à consommer doivent être scrupuleusement évaluées.
Si vous tenez à profiter des bienfaits du muguet, il faut donc impérativement demander l’assistance de votre médecin généraliste ou d’un spécialiste de la phytothérapie. Par ailleurs, le muguet est interdit pendant la grossesse.
Enfin, il est conseillé de ne pas conserver le muguet dans les chambres, car il peut entraîner plusieurs effets indésirables tels que des migraines, des spasmes et des délires.
Malgré tous ces avertissements sur la toxicité du muguet, n’oubliez surtout pas sa dimension de porte-bonheur : symbole du retour du printemps, il annonce des jours meilleurs.